Les cadeaux

1. Le sens caché des cadeaux…
2. Ce que nos cadeaux disent de nous
3. Sur le plan psychologique:
4. Dis-moi ce que tu offres…
5. Les occasions d’offrir
6. Et après les cadeaux….
7. Les raisons de revendre son cadeau ?
8. Conclusions.
– Références bibliographiques

 

1. Le sens caché des cadeaux…

“Le mot indien pour dire cadeau, sabir chinook, signifie à la fois don et … poison nous apprend Michel Lejoyeux dans son livre “ Réveillez vos désirs”.
Le choix d’un cadeau n’est donc pas anodin et on s’expose, au choix, à des réactions enthousiastes, neutres, négatives ou, encore pire, hypocrites.

Mais ne dramatisons pas, ce n’est pas l’esprit du site. Je voulais surtout partager avec vous une information de taille pour la réussite d’un cadeau : le sens caché.  Nous compléterons avec les conseils (validés pas la science) pour ne pas se tromper dans le choix du cadeau”. Considérons les cas suivants et leur signification psychologique et symbolique :

 > Un cadeau qui ne sort pas de son emballage:

dénote de la présence d’un traumatisme pendant l’enfance. Il y a un affect douloureux lié aux fêtes que la personne ne souhaite pas évoquer.

> Un cadeau trop cher pour être honnête:

Lorsqu’on offre un cadeau trop cher, cela est perçu comme une tentative de domination et une démonstration de supériorité. Il y a donc un malaise, surtout quand la réciprocité est impossible.
Un cartable ou un livre de classe : ce type de cadeau « utile » montre une peur des émotions. C’est une manière de se rassurer par le caractère fonctionnel de l’objet.

> Un bon d’achat: 

Ce choix utilitaire est soit une peur de transmettre ses émotions et ses choix, soit un désintérêt pour la personne… Un train électrique ou un ours en peluche à un jeune qui n’en veut pas : c’est là un moyen détourné de combler un manque personnel. Nous offrons ce que nous désirions pendant l’enfance.

> Un cadeau revendu sur un site dès le lendemain:

Nous ne tolérons pas un désir qu’on nous impose ou il peut s’agir d’une opinion négative pour celui/celle qui l’a offert.

> Un cadeau qui nous plait longtemps:

Il témoigne d’une bonne connaissance de nos envies par nous-même ou par ceux qui veulent nous gâter. Il montre aussi que nous savons exprimer ce qui nous plait via des messages conscients ou inconscients. Une vraie bonne surprise : un cadeau que nous n’attendions ou n’espérions pas et qui vient réveiller des émotions nouvelles ou oubliées.

2. Ce que nos cadeaux disent de nous

Au début du siècle dernier, Marcel Mauss, ethnologue, entreprend d’étudier le don dans les sociétés dites archaïques. Il se rend notamment chez les Maoris de Nouvelle-Zélande et chez les Kwakiutls, peuple amérindien du Canada. Ses observations, consignées en 1925 dans son fameux Essai sur le don ( InSociologie et Anthropologie – PUF, “Quadrige”, 2004), restent curieusement d’actualité pour comprendre ce qui se passe sous nos sapins, lorsque nos petits souliers s’emplissent de tasses à fleurs, de boutons de manchettes ou de CD par milliers.
Comme dans la kula, le système d’échange des Maoris, ou dans le potlatch, son équivalent chez les Kwakiutls, nous jouons nous aussi le jeu de « l’échange volontaire obligatoire » : nous offrons en partie parce que nous le voulons bien, et en partie parce que la tradition nous y oblige. Nous sommes même, révélait l’ethnologue, soumis à une triple obligation : celle de donner, mais aussi de recevoir (qui ose dire « non merci » au cadeau de tante Nicole ?) et de rendre cadeau pour cadeau, faute de quoi nos relations peuvent être rompues.

3. a) Sur le plan psychologique

> Des demandes d’amour

Sur le plan psychologique, ces règles ont quelques conséquences. « En principe, nos cadeaux sont des témoignages d’amour, note le psychanalyste Samuel Lepastier. Une nourriture affective qui trouve son prototype dans le don de nourriture de la mère à son enfant. Le cadeau réussi est par conséquent celui qui, de la même manière, satisfait le besoin le plus intime de la personne qui le reçoit. »
En réalité, « donner, c’est prendre, poursuit la psychologue Maryse Vaillant. C’est une idée qui choque notre imaginaire judéo-chrétien, où le don se doit d’être gratuit et désintéressé. Mais, comme dans le potlatch de Mauss, nous mettons notre bénéficiaire en position de débiteur. Nous attendons en quelque sorte un retour sur investissement. A ce titre, ceux qui donnent le plus sont souvent ceux qui ont tendance à se plaindre de l’ingratitude des gens. » Sous des dehors généreux, nos cadeaux seraient donc, avant tout, des demandes d’amour.

> Des miroirs de l’âme

Alors que la psychanalyse n’en était encore qu’à ses balbutiements, Marcel Mauss faisait une autre découverte : les cadeaux ont une âme. En langue maorie, on dit qu’ils contiennent le mana, l’essence spirituelle du donateur, mais aussi le hau, l’esprit de l’objet offert. On tremble en apprenant que « le mot indien pour cadeau, sabir chinook, signifie à la fois don… et poison » (extrait de « Marcel Mauss aujourd’hui », un article du sociologue Jean-Paul Molinari consultable sur Internet : www.revuedumauss.com.fr).

Quoi qu’il en soit, « le cadeau symbolise la personne aimée, résume Samuel Lepastier. Tel un doudou, il nous rappelle sa présence et nous aide à supporter son absence. » A l’inverse, il cherche également à symboliser le bénéficiaire, en répondant à ce que nous présumons de ses goûts et de ses centres d’intérêt. « C’est pourquoi un cadeau raté nous blesse tant, explique Maryse Vaillant. Car celui-ci révèle à quel point le donateur nous connaît mal, et dévoile l’image dans laquelle il essaie de nous enfermer. »

3. b) Psychologie: ce que révèlent nos cadeaux (décryptage avec une psychothérapeute)

“Offrir un cadeau n’est pas un acte anodin. Le présent en dit long sur celui qui le donne, autant que sur celui qui le reçoit.” Nos cadeaux parlent. De soi-même, celui qui offre, des autres, ceux qui reçoivent. Pour décrypter le sens caché de ce don, il est bienvenu de savoir pourquoi on fait un cadeau, comment on l’accueille et ce qu’il suppose en retour. Décryptage de ce rituel

> Notre amour de l’autre.

Le cadeau est d’abord la marque de l’attachement. « Dans la sphère privée, offrir un cadeau marque le lien affectif que l’on noue avec l’autre, alors que, dans la sphère professionnelle, il s’agit souvent d’un rituel social auquel on ne peut pas couper », détaille Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute à Paris et auteur de Ce que disent nos cadeaux (Editions Leduc)
Nos cadeaux parlent. De soi-même, celui qui offre, des autres, ceux qui reçoivent. Pour décrypter le sens caché de ce don, il est bienvenu de savoir pourquoi on fait un cadeau, comment on l’accueille et ce qu’il suppose en retour. Décryptage de ce rituel que la plupart d’entre nous respecte.

> Marque de l’attachement.

Notre amour de l’autre. Le cadeau est d’abord la marque de l’attachement. « Dans la sphère privée, offrir un cadeau marque le lien affectif que l’on noue avec l’autre, alors que, dans la sphère professionnelle, il s’agit souvent d’un rituel social auquel on ne peut pas couper », détaille Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute à Paris et auteur de “ Ce que disent nos cadeaux” (Editions Leduc).

> l’offrir, le recevoir et le rendre

« Le cadeau implique trois actes, l’offrir, le recevoir et le rendre, un geste implicite, mais une vraie obligation et, pour certains, une vraie contrainte.» Notre pudeur. Vous détestez faire des cadeaux ? L’avarice n’a peut-être rien à voir à l’affaire. Vous êtes peut-être tout simplement mal à l’aise avec vos émotions. Or, offrir, c’est donner une partie de soi. « Ceux qui n’aiment pas offrir peuvent aussi être des gens qui ont peur de se dévoiler et qui ne veulent pas s’ouvrir aux autres, décrypte l’experte. Il peut aussi s’agir de personnes qui ne veulent pas rentrer dans les rituels sociaux. Bizarrement, certains vont zapper Noël et préférer offrir à la Saint-Valentin ou au Nouvel An. C’est une certaine forme d’anarchisme. »

> Notre égoïsme.

« Quand on prend du temps pour choisir le cadeau, que l’on tente de repérer ce qui va vraiment plaire à l’autre plutôt que de se contenter d’acheter à la va-vite un photophore, on entretient vraiment la relation et l’autre le reçoit avec plaisir. Le cadeau est alors une réussite, explique Sylvie Tenenbaum. A l’inverse, il peut y avoir des cadeaux égocentriques, ce sont des cadeaux faits en fonction de soi-même, sans considération des goûts de l’autre. Parfois le cadeau a beau être luxueux, on est passé à côté. »

> Notre vantardise.

« Quand on fait des cadeaux très chers ou que l’on noie l’autre sous une avalanche de présents, le message est souvent: Voyez comme je suis généreux ! Cela peut mettre l’autre mal à l’aise, surtout si celui qui reçoit ne peut rendre le don à la même hauteur que celui reçu, poursuit la psychothérapeute. Pour certains cependant, procéder de la sorte est une façon de redistribuer à ceux qui ont moins qu’eux. »

4. Dis-moi ce que tu offres: décryptage.

a) Selon Maryse Vaillant, psychologue:

“ Il y a ce que nous offrons. Mais il y a surtout la manière dont nous l’offrons, avec plus ou moins d’assurance, de bon goût, de mise en scène”.

> Celui qui offre ce qui lui a manqué

Chaque enfance est marquée par des cadeaux ratés. Celui que nous avons tant espéré (un vélo, un train électrique, une poupée) et qui n’est jamais venu. Ceux dont nous nous souvenons sont ceux qui, dans un épisode de vulnérabilité, sont venus signifier l’incapacité de nos parents à nous donner, à ce moment-là, l’amour tant attendu. A l’âge adulte, les cadeaux que nous recevons portent parfois la trace de ces cadeaux ratés de l’enfance. Celui qui les offre nous fait don de l’amour inouï dont il a rêvé. La question qui attendrit : est-ce un rêve d’enfant ?

> Celui qui fait des cadeaux magnifiques.

Il y a celui qui, tel l’empereur Caligula, fait pleuvoir des cadeaux sur la foule. Par ses largesses, il se met en position haute. La grande générosité est parfois un indice fort de la volonté de domination. Gare à l’amoureux grand seigneur qui nous couvre de bijoux. Gare aussi aux amis qui tiennent toujours table ouverte, nous prêtent volontiers de l’argent, nous dépannent en cas de nécessité. Leur prodigalité peut être une façon, insidieuse et inconsciente, de prendre l’ascendant sur nous. La question qui fait mal : quelle place veut-il occuper ?

> Celui qui offre des cadeaux utiles.

Une pelle à tarte, un aspirateur, une perceuse…, les cadeaux utiles sont souvent les plus décevants. Pas seulement parce qu’ils sont terre à terre, dénués de poésie ou de rêve, mais surtout parce qu’ils véhiculent le plus souvent au passage un message indélicat. Offrir un programme minceur à sa femme, un four à sa belle-fille revient, sous prétexte de leur apporter de l’aide, à désapprouver leur apparence ou leurs talents. La question qui tue : à quoi ça sert ?

> Celui qui fait des cadeaux empoisonnés

Ce sont ces cadeaux que l’on ne pourra jamais rendre tant leur valeur est écrasante. Mais également ceux qui nous donnent une responsabilité que nous n’avons pas choisie. L’exemple type : un chien, si nous ne l’avons pas demandé. En guise de cadeau, c’est une somme de contraintes qui nous est offerte. Comme s’il s’agissait d’un moyen de nous tenir en laisse…
Le cadeau empoisonné, c’est aussi celui qui revient à nier notre place (la grand-mère qui offre à notre enfant le cadeau que nous lui avions refusé) ou à nous priver d’un plaisir (celui de choisir ou d’acquérir nous-même l’objet offert). La question qui fâche : quelle liberté me reste-t-il ?

> Celui qui n’offre jamais rien…

… ou pas grand-chose. Sous des dehors radins, ceux qui font peu de cadeaux cachent souvent une grande fragilité narcissique. Ils n’ont peut-être pas été élevés dans l’idée qu’ils pouvaient faire plaisir et en ont gardé un manque de confiance dans leur propre générosité. Plutôt que de donner d’eux-mêmes au risque de décevoir, ils préfèrent offrir du conventionnel à petit prix ou s’abstenir. Et souffrent du dépit de leurs proches. La question qui éclaire : quelle fragilité cache-t-il ?

> Celui qui donne des bons d’achat

Offrir un bon ou un peu d’argent, le cadeau est facile et vite expédié. Mais ce qui peut passer pour de l’indifférence correspond peut-être, une fois encore, à la peur de tomber à côté. Il y a dans ce don immatériel de la pudeur (celui qui offre ne dévoile pas ses goûts, son imagination) et du respect (même s’il ne sait pas comment nous en donner, notre plaisir lui importe). La question qui rapproche: comment le rassurer ?

b) Bénédicte Régimont: auteur spécialisée dans la psychologie de l’habitat, conférencière et entrepreneur – ( www.felicie-le-dragon.com)

“ Ma réflexion a été inspirée par cette jeune fille qui partageait son désarroi avec tout le bus alors que la conversation avec son petit ami aurait dû avoir lieu en privé:

« Mais pourquoi est-ce que tu me rappelles toujours le prix des cadeaux que tu me fais? »

Qui n’a jamais reçu un cadeau empoisonné? Qui n’a jamais été perplexe face à un cadeau qui résonne comme une vengeance ou qui prouve que l’autre ne vous connaît pas, même si c’est un proche? Les cadeaux sont des messages inconscients que nous offrons aux autres en attendant une réponse subtilement (ou pas) de circonstance.

“Car oui, le cadeau n’est pas toujours désintéressé. Il est une manière de s’attacher à l’autre voire de l’acheter. Le chantage (anodin de prime abord) commence dès l’enfance: « Tu auras cette sucette si tu es sage. » Je ne jette la pierre à personne, moi-même ayant usé de ce principe fallacieux. Plus tard cela continue, parfois jusqu’à l’âge adulte. Les cadeaux familiaux, quand ils mettent en jeu le patrimoine, peuvent être à double tranchant. Les cadeaux ne sont pas toujours désintéressés, loin de là.”

> Le cadeau miroir

“Offrir est avant tout un acte onaniste. On offre pour se faire un plaisir personnel. Inutile de vous emporter dans les commentaires, même si vous pensez à l’autre, il y a de vous dans les cadeaux que vous offrez. Le cadeau parle avant tout de soi. On offre ce que l’on aurait aimé recevoir, on offre ce que l’on n’a pas reçu dans notre enfance, on offre ce que l’on pense que l’autre aimera, on offre ce que l’autre aimera pour qu’il nous aime en retour. Il montre aussi ce que nous sommes prêts à faire pour l’autre: « Si tu savais combien ça m’a couté » Et cette seule phrase a le pouvoir de gâcher le plaisir en faisant entrer la notion de sacrifice et de culpabilité. Si vous n’avez pas les moyens de faire un cadeau, ne le faites pas et si vous le faites, que cela soit avec cœur, même si vous mangez des pâtes jusqu’à la fin du mois.”

>Non, je ne veux pas de cadeau

Combien de personnes disent « non, pour Noël, ne m’offrez rien, je n’ai besoin de rien» sachant pertinemment qu’un cadeau leur sera fait malgré tout. Ce faux désintéressement sera suivi d’indignation lorsque l’on n’apporte effectivement rien. Au mieux la personne souhaite être comprise sans mot dire (= tu me portes de l’attention, tu me comprends) au pire c’est parce qu’elle n’a aucunement envie de vous faire un cadeau en retour. Si vous en faites un, elle se sentira redevable. Il y a aussi les personnes qui ont une si faible estime d’elles-mêmes qu’elles ne s’autorisent pas à recevoir.

> Recevoir c’est accepter l’image que l’autre a de nous

Si offrir s’apprend, recevoir aussi. Nous devons avoir la capacité d’accepter le message de l’autre à travers le cadeau. Si la grand-mère qui vous offre systématiquement une eau de Cologne avec des savons en forme de cœur ne vous a pas vu grandir, elle suscitera un sourire bienveillant car au fond elle vous porte beaucoup d’amour.

Par contre accepter d’un proche un cadeau qui est un échantillon gratuit de l’entreprise où il travaille demande plus d’abnégation. L’échange de cadeaux est l’occasion de voir si l’autre a compris qui nous étions. Quel stress, quelle angoisse, des deux côtés. Bienheureux le temps où nous rédigions notre lettre au Père Noël, celui qui savait percer nos moindres désirs…

> Pourquoi serait-ce impoli de demander ce que l’on veut?

Faire un cadeau est tellement simple quand on sait ce qui fera plaisir à l’autre s’il a eu la bonne idée de l’évoquer. Les listes de mariages sont de plus en plus éloignées du trousseau du couple idéal. Simplement parce que les mœurs ont changé et que l’on a déjà vécu ensemble avant de se marier. La ménagère de 200 pièces n’a plus vraiment sa place dans les cadeaux. Les couples préférant souvent une enveloppe pour s’offrir le voyage de leurs rêves. Mais certains résistent et offrent malgré tout ce qu’ils ont en tête en dépit des désirs du couple. Le cadeau est un miroir reflétant l’égoïsme derrière de fausses bonnes manières.

> Existe-t-il un cadeau idéal?

Le succès du cadeau réside dans l’émotion qui est ressentie par celui qui le reçoit. Ma préférence va vers les cadeaux que l’on peut partager, ceux qui créent un moment de complicité, ceux dont on se souviendra, non pas parce qu’ils trônent sur la cheminée, mais parce que l’on a vu le plaisir et la joie dans le regard de l’autre. J’aime les cadeaux qui se consomment : Des pâtisseries, une bonne bouteille, un resto… ou lorsque la demande a été clairement formulée.

Et pour moi les meilleurs cadeaux sont les spontanés. Offrir un livre, un objet à la personne à qui il nous a fait penser ou parce qu’il évoque une conversation récente… C’est une jolie manière de prouver à l’autre qu’il est important pour nous, en dehors de toutes les convenances sociales.
“Les listes (naissance, anniversaire, mariage…) permettent aux deux parties d’être heureuses.”

5 Les occasions d’offrir

>La trêve de Noël

La particularité des cadeaux de Noël est qu’ils s’échangent « dans un contexte où l’on tente d’actualiser le mythe de l’harmonie familiale, décrypte Samuel Lepastier. Mais le rassemblement du groupe entraîne automatiquement une accentuation des tensions qui le traversent. Dès lors, le cadeau devient plus que jamais un langage. Il permet à chacun d’affirmer sa position, de régler ses comptes. »

Noël est également « un rituel dans lequel il est important de montrer sa disponibilité aux autres, suggère Maryse Vaillant. La maturité voudrait que l’on soit capable, au moins le temps d’une fête, de montrer que l’on accepte de faire partie du clan, même si ce n’est pas le cas toute l’année. »
L’esprit de Noël gagnerait à s’inspirer plutôt de son origine païenne.

« Durant le solstice d’hiver, époque à laquelle les jours sont les plus courts et la peur de la mort à son apogée, on allumait des lumières dans la nuit, raconte la psychologue. Faire un cadeau, c’est apporter sa contribution à la fête des lumières. » Et d’ajouter, malicieuse : « Savez-vous quel est, à mon avis, le rôle que chacun envie le plus ? C’est celui du Père Noël. Celui qui illumine les yeux des enfants, leur en met plein la vue. Une position généreuse ? Il n’y a rien de plus narcissique ! »

6. Et après avoir reçu un cadeau….

Comme depuis quelques années de nombreux cadeaux de Noël affluent sur les sites de revente de particulier à particulier, le phénomène semble de plus en plus dans les moeurs de nos concitoyens,
Cette situation est sans doute due à de mauvais choix de cadeaux ou du dédoublement d’un cadeau à moins que ce ne soit la suite de difficultés économiques chez certains citoyens ou simplement pour disposer de liquidité bien souvent destiné à un tout autre usage.

Toutefois les sous-vêtements offert à Noël sont peu appréciés comme cadeau de Noël et sont massivement revendu sur ces sites de revente dès le lendemain de Noël…
Que ce soit sur Ebay, Priceminister ou ailleurs peu osent affirmer qu’ils revendent un cadeau de Noël reçu d’un proche ou d’un ami.

La revente de cadeaux sur internet est « un phénomène sociétal plus important que l’an dernier », sans doute lié « aussi à la crise », renchérit Laurent Radix, président de Paru-Vendu.fr. Auparavant le cadeau qui ne convient pas « restait au fond du placard, aujourd’hui, on essaie de le valoriser ».
Les responsables de PriceMinister (site Français) estiment qu’entre le 26 décembre et le 15 janvier entre 3 et 3,5 millions d’objets neuf sont proposés sur les sites de revente, un chiffre deux fois plus élevé que la moyenne annuelle sur une même durée….

La majorité des revendeurs attende le mois de janvier pour mettre le ou les cadeaux de Noël non désirés, Selon Leyla Guilany-Lyard, porte parole d’Ebay France, on assiste également à l’utilisation du smartphone pour la mise en vente des cadeaux de Noël indésirables. Cette méthode serait plus impulsive et plus rapide.Utiliser son smartphone dès le soir de Noël pour mettre en vente ses cadeaux est plus discret qu’utiliser son ordinateur et surtout beaucoup plus rapide: on prend l’objet en photo et en quelques dizaines de secondes il est placé sur le site de vente…

7. Les raisons de revendre son cadeau ?

– Cadeau en double et avoir un peu d’argent
Résume Olivier Mathiot, le co-fondateur de PriceMinister.com.
“ Cela finit par rentrer dans les habitudes, notamment chez les plus jeunes, et c’est souvent lié au fait d’avoir des cadeaux en double ou à une envie d’avoir un peu d’argent »
Selon un sondage réalisé par Ebay en novembre 2013 les raisons de revendre son cadeau pour:
– s’offrir autre chose pour 40% des Français.
– désir d’épargner pour 38%
– payer une partie du coût des fêtes de Noël pour 29 %
– offrir quelque chose à un proche pour 9% des sondés.

8. Conclusion le choix d’un cadeau (pour un plaisir scientifiquement prouvé)

Francis Flynn, de l’université de Stanford, a étudié en profondeur l’art d’offrir des cadeaux. Le résultat de ses recherches est qu’offrir un cadeau (presque parfait) implique de savoir se mettre à la place de la personne qui le reçoit (on parlait d’ailleurs d’empathie il y a peu). Le deuxième facteur, qui n’en est pas vraiment un, est le prix. En effet, la valeur d’un cadeau ne se chiffre pas au prix investi et c’est heureux, vous en conviendrez !

“La clé est par conséquent : la personnalisation”.

Un bon cadeau est donc (servez-vous de la liste suivante comme d’une check-list):

  • personnalisé pas trop cher…
  • ni trop bon marché,
  • il fait autant plaisir à celui qui le reçoit qu’à celui qui l’offre ,
  • il révèle la personnalité et les envies du donateur et du receveur,
  • il fait rire sans moquerie

Ainsi, Michel Lejoyeux nous suggère, pour faire plaisir à un adolescent, de lui offrir du temps avec vous via un voyage, une expérience,… simple et pourtant si efficace !

Astuce : nous retiendrons le conseil suivant au sein des familles : fixer un prix maximum pour les cadeaux. Cela résout de nombreux cas de conscience et permet de se concentrer vraiment sur la personnalisation, bref, l’essentiel !

Référence bibliographiques:

– “ce que nos cadeaux disent de nous » – http://www.psychologies.com/
– “Et comme tous les ans nous vendons nos cadeaux à Noël (25-12-2013) – L’express :
– “Dis-moi ce que tu offres, je te dirai qui tu es” Huffingtonpost” https://www.huffingtonpost.fr/benedicte-regimont/signification-offrir-un-cadeau_b_8152568.html

– “Ce que révèlent nos cadeaux” Le Parisien “Psychologie : Le 25 décembre 2010 à 07h00
https://www.leparisien.fr/societe/psychologie-ce-que-revelent-nos-cadeaux-25-12-2010-1202976.php
“Le sens caché des cadeaux…” Par Jeff · 2 Novembre, 2015 https://anti-deprime.com/2015/11/02/le-sens-cache-des-cadeaux/